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  • : Demain sera un autre jour: des mots et leur histoire, de l'actualité, de l'humour(tel que je le conçois),des barbus moustachus et parfois la pensée du jour .
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 16:14

Aujourd'hui 9 mai, nous allons marquer d’une croix blanche la date de naissance d’un inclassable mais salutaire humoriste hors pair irremplaçable et intemporel : Pierre Desproges (9 mai 1939-18 avril 1988). Un artiste moqueur raffiné et émouvant qui manque cruellement dans la platitude des bouffons actuels.

Hélas, bien que souvent revendiqué en paternité, paraphrasé, cité, copié, personne dans le désert affligeant des aspirants amuseurs ou de ceux qui se prétendent tels n’a pu retrouver cette verve enrobant la formule qui fait mouche. C’est vrai qu’il faudrait un minimum de talent pour endosser l'habit d' un digne héritier. Et pas seulement montrer sa binette dans des émissions  niveau cour de récré d’une halte-garderie où le persiflage crétin qui consiste à faire rire aux dépens du con de service bien payé que l’on est obligé d’inviter ne laisse que peu de place au génie comique. Il nous manque car aujourd'hui personne n'a pris le relais d'autant de culot et de courage alliés à tant de finesse dans le concert de ce monde dans lequel l’humour à l'image du reste est aseptisé, lisse et bien-pensant, où l’on ne dit plus aveugle mais non-voyant par exemple.

Dans l’immédiat après élection présidentielle tourmentée que nous venons de connaitre, citons cette phrase célèbre de 1982: «on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui". C'était à l'occasion du tribunal des flagrants délires sur les ondes de France inter... un Jean Marie Le Pen père de l’autre était "jugé"... Une occasion pour laquelle Luis Rego, complice régulier de Desproges avait écrit ce célèbre sketch (la journée d’un fasciste) ou il feignait admirer Hitler... Un sketch à mourir de rire quoique déjà si prémonitoire.

 

Pour se détendre dans les temps moroses, rien de mieux que Pierre Desproges et son humour décapant. Devenu célèbre pour son anticonformisme, son humour noir atypique, décalé, subtil  souvent féroce, mais non dénué de tendresse, grinçant pince-sans-rire, pierre Desproges n’hésite pas à tout tourner en dérision, à tirer dans les coins en s’attaquant à tous les sujets : quelques exemples choisis parmi la large palette à  disposition

L’armée: Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement, on peut arriver à en faire des militaires.

Le handicap: Pour ne rien arranger, les aveugles lisent en braillant, au risque de réveiller les sourds!

La science: S'il n'y avait pas la science, malheureux cloportes suintant d’ingratitude aveugle et d’ignorance crasse, s'il n'y avait pas la Science, combien d'entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ?

L’amour: Ce n’est pas parce que l’homme a soif d' amour qu'il doit se jeter sur la première gourde!

Même et surtout les thèmes plus délicats, les plus tabous là où peu osent s’aventurer comme la religion, la vieillesse, la maladie, la mort y compris la sienne:

-Noël au scanner, Pâques au cimetière.

- Suicidez-vous jeune, vous profiterez de la mort.

- Moi, j'ai pas de cancer, j'en aurai jamais je suis contre.

-Il y a si longtemps maintenant que j’attends mon cancer: je ne vais quand même pas partir sans lui...

-Plus cancéreux que moi, tumeur ! »

-Bizarre, le chat n’est plus sur grand-mère, elle doit probablement être froide.

Peut-être l’époque permettait-elle une certaine liberté de ton et de paroles impensables aujourd’hui. Qui, de nos jours oserait sans crainte certaines de ces saillies dont il avait le secret sur la seconde guerre et ses horreurs:

-On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi.

-L'embêtant dans la collaboration, c'est qu'il fallait dénoncer des juifs. C'est pas très joli comme occupation de dénoncer les juifs. Oui mais... dans la résistance, on dénonçait pas les juifs... mais fallait vivre avec ! ou bien encore :

-Il faut toujours faire un choix, comme disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin !

etc.etc…

Qui, pour se permettre de nous apprendre comme lui à jouer à Colin Maillard avec un aveugle dans la désormais mythique  « Minute nécessaire de monsieur Cyclopède » émission qui divisait au début des années 80 la France en deux selon son auteur entre les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n’aiment pas ?

Irremplaçable et Inclassable, laissant un vide abyssal depuis que le 18 avril 1988, nous apprenions dans la presse que :  Pierre Desproges est mort d'un cancer. Étonnant, non ?

Pour une biographie détaillée, ses citations complètes, je vous conseille le site officiel http://www.desproges.fr/ et pour les inconditionnels comme moi la complète :  « Tout Desproges » éd Seuil.

Quelques-unes de ses œuvres : Des Femmes qui tombent

La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède

Les Réquisitoires du Tribunal des flagrants délires

Chroniques de la haine ordinaire 

Manuel du savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis

Vivons heureux en attendant la mort

Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis….

Deux Spectacles joués sur scène en 1984 et 1986 également à votre Irremplaçable Desproges.

 Et dire que dans ces années-là on râlait contre le manque de liberté d'expression !

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 20:23

"Nous avons gagné une bataille mais pas la guerre et les difficultés réelles sont devant nous". peut-être pourrons-nous presque nous réjouir ainsi au soir du dimanche 7 mai 2017.

Pour autant,  les outrances que Médusa le Pen, tragique harpie fascisante génétiquement modifiée n’a  pu s’empêcher de déverser tout au long de cette innommable campagne présidentielle qu'elle maintenait  de bas-étage en éructant ses sempiternelles antiennes ont hélas trouvé un large écho auprès d' un public s'accommodant de ses dérives ou voulant montrer son désappointement et sa colère. Elle surfe toujours, mais c'est son seul fonds de commerce, sur la détresse et le malheur en pointant les mêmes boucs émissaires. Les invectives extrémistes de ses diatribes haineuses, héritage d’une longue et atavique tradition familiale issue de son désolant paternel, tout en feignant de renier ses origines donnent la nausée mais sont porteuses et relayées. Elle va, espérons-le pour le bien de tous, pouvoir continuer à s’occuper de ses  « affaires » et sans doute devra t-elle enfin daigner répondre aux invitations insistantes des juges tout en criant au complot d’un système dont elle est le  plus épouvantable symbole extrême, c’est le cas de le dire. C’est là son meilleur registre. Pour le reste et le débat de l’entre-deux tours l’a prouvé si besoin s'en fallait, elle peine à sortir de sa fange même avec ses fiches, ses approximations, ses fausses affirmations si finement préparées par ses sbires. J’ai finalement presque une pensée peinée pour certains de ces pauvres électeurs bas du front, trompés dans leur colère, fâchés mais pas si fachos en définitive, qui soudainement confus et honteux se sont rendus compte de leur méprise en voyant le niveau de leur championne, résultat pathétique de leur vote « contestataire ».

Toutefois, le large succès annoncé d’un candidat par défaut, issu et vainqueur d’une nouvelle ère de télé-réalité politique, artificiellement investi par les relais de ses puissants réseaux dans les médias s’appuyant sur les Panurgiques habitudes des vagues moutonnières françaises ne doit pas nous faire oublier que le pire est devant nous. La Lepenisation des cerveaux a atteint son apogée et nul ne semble en mesure de freiner cette expansion tant que le fossé entre les plus riches et les plus pauvres continuera de se creuser. Emmanuel Macron nous promet une ère nouvelle associée à une approche de la vie politique différente. Je peine, comme la majorité à y croire, puisse la suite nous donner tort, mais nous avons pour la plupart depuis longtemps cessé de croire au père Noël.

Au royaume des aveuglés, la fille d'un borgne pourrait être reine.....
Au royaume des aveuglés, la fille d'un borgne pourrait être reine.....
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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 08:01

 Il est des dates et des combats qu’il est parfois bon de se remémorer surtout à quelques semaines du premier tour des élections présidentielles avec son lot de candidats dignes descendants de la caste de ceux qui en 1936 critiquaient encore et toujours les ‘trop’ nombreux privilèges croissants des travailleurs. Ils viennent nous donner des leçons de morale et de civisme. Les mêmes qui veulent toujours nous serrer un peu plus la ceinture, nous vider les poches pendant que leur besace et celle de leurs proches s’arrondit à nos dépens, cultivant l'entre-soi, partageant les bénéfices de nos sacrifices grâce à un népotisme d'un autre âge. Eux, cumulards patentés, qui veulent nous faire travailler plus et plus longtemps comme Juppé, Fillon et leurs amis alors qu’ils s’empressent de prendre leur retraite de la fonction publique dès que possible (Juppé retraité de l’inspection des finances à 57.5 ans) puis continuent la vie politique car ils en ont fait un métier à temps plein qui rapporte gros. Ils ont trop souvent préparé le lit des extrêmes et s'empressent de le reborder pour ne pas être débordés sur la droite.  L'avenir appartient toujours de nos jours à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt.

Alors vote utile, fébrile, futile ou pas, avant de déposer votre bulletin et de suivre le gros du troupeau

rappelez-vous en regardant vers l'avenir les luttes d’hier, celles qui vous permettent aujourd'hui de profiter par exemple de quelques semaines de congés payés entre autres.

En mai 1936, le pays est touché par des grèves qui affectent la plupart des secteurs économiques. La victoire du front populaire aux élections législatives du 3 mai a soulevé d’immenses espoirs. Mais constitutionnellement, Léon Blum doit attendre un mois pour former son gouvernement. L’impatience grandit, les ouvriers réclament des congés et le passage de 48 heures à 40 heures hebdomadaires. Début juin, la situation s’aggrave et le pays est au bord de la paralysie complète. Les représentants du patronat prennent peur et acceptent l’ouverture de négociations.

Elles aboutiront le 7 juin 1936. Les accords de Matignon sont signés entre la CGT (Confédération Générale du Travail) et le Medef de l’époque : la Confédération Générale de la Production Française (CGPF) et l’état représenté par Léon Blum, alors président du conseil (le premier ministre sous la IIIéme république en gros).

Avec ces accords, Les ouvriers obtiennent de nombreux « avantages » :

- Des contrats de travail.

- Les salaires sont augmentés de 7 à 15 % en moyenne.

- la liberté d'exercice du droit syndical. C’est (presque) la fin des syndicats ’’jaunes’’ crées par les patrons.

Enfin, ils obtiennent la création de conventions collectives, la semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés (douze jours + le week-end).

La semaine de 40 heures et les congés payés ne font pas partie des accords de Matignon, mais en découlent. Ils étaient de toute façon prévus dans le programme du Front Populaire.

Le symbole des congés payés et des 40 heures hebdomadaires va marquer les esprits, des patrons vont même les appeler ’’ les congés payants’.

La presse très puissante et déjà très à droite parlera de " la semaine des deux dimanches ".

Pétain, plus tard dans un discours qui ressemble un peu à ce que l’on a pu entendre récemment va fustiger " l’esprit de jouissance " qui, selon lui, l’avait  emporté sur l’esprit de sacrifice.

Les premiers congés payés débuteront le 20 juin 1936.

Fixés au départ à 2 semaines, ils sont portés à 3 en 1956, 4 en 1969, et enfin 5 en 1982.

Bon, c’est bien beau tout ça, mais fini de rêvasser au bon temps, en attendant les vacances, faut se remettre au boulot. Allez hop ! 

Des Accords...
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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 14:21

 A la presque veille des commémorations du 11 novembre, revenons sur un épisode méconnu de la « grande guerre » ainsi qu’elle est malheureusement communément définie. Comme si l’on pouvait adjoindre un tel qualificatif au mot guerre.


Le 1er juin 1915, l’armée française se décide enfin à changer l’habillement de ses soldats. On passe du rouge vif au bleu-horizon.

 sold14.jpgEt c’est bien dommage. Cette belle tenue imposée par je ne sais quel crétin galonné, donnait depuis toujours mais notamment le début de la première guerre mondiale l’occasion à des tas de fantassins et de poilus de se faire tirer par l’ennemi comme des lapins, flamboyants qu’ils étaient avec leur beau pantalon Garance, leurs deux rangées de boutons bien brillants sur la vareuse, sans oublier le couvre-chef rouge flashy également.pantal14.jpg

Au début de la première guerre mondiale, tout ce bel ensemble qui permet à nos soldats d’être une cible parfaite pour la mitraille ennemie d’en face a plus de cent d’âge.

Quasiment partout ailleurs dans le monde, depuis le début du 20ème siècle, les armées ont réformé leur uniforme pour le rendre plus discret. Partout sauf en France évidemment, inévitable village gaulois s’arc boutant sur ses traditions et ses entêtements. Non seulement, il est voyant notre bon p’tit gars chair à canon mais il est totalement empêtré dans ses fringues inappropriées aux joies de la boucherie militaire moderne.

Pourtant, les études et des nouvelles tenues ont été essayées mais elles restent bien au chaud attendant les décisions des plus hautes autorités qui ne viendront qu’après la bataille de la Marne et ses près de 200 000 morts.

Peu à peu, le déploiement des nouveaux habits va se généraliser au sein de notre armée. Nos braves poilus de base, entre ordres et contre ordres, vont maintenant continuer à se faire trouer la peau tout autant pour la plus grande gloire de généraux incompétents et de politiciens velléitaires bien au chaud, mais dans un uniforme qui au moins aura de la tenue. Bleu–Horizon ça donne un autre cachet pour tomber au champ d’horreur.

 Rompez !

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 10:50

tchernia 6 Pierre Tchernia (son nom complet est Tcherniakowski), sympathique animateur télé s’il en fut, est décédé cette nuit. Sa longévité dans le paysage audiovisuel français est exceptionnelle. Il totalise près de 60 années de présence à la télévision française.

Il est né le 29 janvier 1928 et a grandi dans la banlieue parisienne. Fan de cinéma et d’acteur comme Buster Keaton dès son plus jeune âge, il prolonge sa scolarité en intégrant l'IDHEC (institut des hautes études cinématographiques). Après quelques mois comme régisseur dans une troupe de théâtre, il fait partie en 1949 de l’équipe qui lance le premier journal télévisé en compagnie de Georges De Caunes, Pierre Sabbagh et Pierre Dumayet. tchernia 1

Il anime ensuite de nombreuses émissions restées célèbres comme Cinq colonnes à la Une ou l’ami public Numéro un.

Mais c’est certainement son émission fétiche, tchernia10 présente sur les écrans de 1966 à 1987, Monsieur Cinéma devenue plus tard Mardi Cinéma, qui reste dans la mémoire de tout cinéphile qui se respecte. Son ton jovial, enjoué, sa bonhomie, sa sympathie et sa simplicité en font un personnage à part apprécié de l'ensemble des téléspectateurs.tchernia 3

tchernia8 Parallèlement, dès le début des années 60, il s’ intéresse au cinéma en tant que scénariste et réalisateur,.Pierre Tchernia travaille d’abord avec Robert Dhéry et la troupe des Banquignols sur le film  « la Belle Américaine ». Puis en 1967, un premier téléfilm voit le jour : Deux Romains en Gaule. Avec déjà toute une palette de ses amis du monde cinématographique comme Lino Ventura ou Jean Yanne.

tcherni11 Son premier long métrage « Le Viager », écrit avec René Gosciny est un énorme succès. Ce film va permettre au public de voir Michel Serrault passer de ses habituels seconds rôles au rôle principal. Le viager nous donne l’occasion de découvrir quelques seconds rôles en devenir comme Gérard Depardieu ou Claude Brasseur. Michel Serrault restera tchernia 2 par ailleurs présent sur la plupart des films suivants comme les Gaspards, la Gueule de l’autre ou Bonjour l’Angoisse.

Outre les acteurs déjà cités ci-dessus, le casting qu’il réussit à rassembler tout au long de ses films est impressionnant : Philippe Noiret, Jean Richard, Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Carmet, Charles Denner, Jean Poiret, Jean Pierre Bacri, Daniel Prévost etc….

tchernia4 Ami de longue date de Gosciny, créateur d’Astérix et Obélix, Pierre Tchernia collabore aux adaptations de la bande dessinée et bien souvent sert de narrateur dans les dessins animés tirés de la BD. Ses traits sont présents dans plusieurs albums et il a fait une apparition dans le premier film adapté de la série : Astérix et Obélix Mission Cléopâtre. Comme acteur, on peut le voir commetchernia7 protagoniste, s’offrant des petits rôles dans ses films et ceux des autres comme dans : La belle Américaine, Signé Furax, la Guerre des boutons, et bien évidemment le Viager.

Il participe à l’émission « les enfants de la télé »  dés sa création en 1994, de manière continue jusqu’en 2006, puis après une absence il y revient dans le courant de l’année 2007.

Merci de tout ce que vous nous avez apporté Mister Magic Tchernia !tchernia9

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 08:01

 

Albert Londres  est un célèbre journaliste né en 1884, qui a travaillé pour les journaux les plus populaires de son époque ,"le petit journal", "le quotidien" ou "le petit parisien "entre autres.
Nombre de ses articles, parfois édités en livres sont restés célèbres en raison des scandales provoqués et des changements d'orientation politique qu'ils ont amené.Car Albert Londres s'est immergé au cours de ses enquêtes dans les milieux les plus difficiles: le bagne de Cayenne, les hôpitaux psychiatriques, l'exploitation et la traite des noirs en Afrique, la Russie après la révolution, la traite des blanches en Amérique du sud, le tour de France...
Ses reportages, basés sur des témoignages concrets sensibilisent toutes les couches de la société et ont un énorme retentissement sur l'opinion publique. Les enquêtes menées par Albert Londres obligent souvent les autorités à engager des réformes concrètes. Pour beaucoup d'observateurs et d'historiens, il est à l'origine notamment de la fermeture du bagne de Cayenne. 
Albert Londres  disparaît le 16 mai 1932 dans le naufrage du paquebot français Georges Philipar, au retour d'une expédition en chine où il semblait avoir découvert un nouvel  énorme scandale dont on ne saura jamais rien.

"Notre métier, se plaisait-il à dire, n’est ni de faire plaisir, ni de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie".
A méditer par nombre de pseudo-journalistes d'aujourd'hui, détracteurs ou bien laudateurs patentés, qui certes possèdent une carte de presse mais ont oublié les bases fondamentales de leur métier .


Depuis 1933,à la date anniversaire de sa mort , le prix Albert Londres récompense le meilleur reporter de l'année.
 Pour aller plus loin: L'excellente biographie d'Albert Londres:
a-londres1.jpga-londres.jpg

 

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 07:31
canard-2.jpgLe 10 septembre 1915, en pleine première guerre mondiale Maurice et Jeanne Maréchal fondent le canard enchaîné. Ils créent ce journal en réaction à la censure qui sévit alors dans toutes les publications durant la grande guerre.
Le canard enchaîné est l’un des plus ancien titre de la presse française, c’est un journal satirique qui parait le mercredi. 
Sa devise donne le ton : « La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas. »
Le lancement du premier canard sera un échec, son véritable départ se fera le 5 juillet 1916.
Le but du canard est de s’attaquer à la censure(personnifiée par Anastasie), la guillotine, les politiciens véreux ou non, les curés, les militaires, les affairistes de tout bord et de tout poil, en usant de l’arme absolue, la dérision canard.jpget le rire.
canard-2.jpgLe journal connaît, grâce à ce ton qui rappelle l’esprit des cabarets et des chansonniers, un succès phénoménal auprès des poilus durant la première guerre mondiale. Quand il peut être lu, car malgré les nombreux subterfuges utilisés, la censure voire l’interdiction totale du volatile dans les tranchées empêche les soldats de s’adonner à cette saine lecture.
Le canard continue à se développer dans l’entre deux guerres et de nombreuses célébrités se pressent pour y écrire ou dessiner (Anatole France, Paul Vaillant couturier,Tristan Bernard, Jean Cocteau….)
Refusant évidemment toute forme de collaboration, Le Canard se saborde au début de la seconde guerre et ne reparaît que le 6 septembre 1944.
Ce nouveau premier numéro est un succès sans précédent.
Depuis, le Canard, s’est orienté de plus en plus vers le journalisme d’investigation. Certains de ses numéros seront censurés et retirés de la vente pendant la guerre d’Algérie. Les pressions politiques sont nombreuses.
Son anticonformisme et son indépendance en agacent plus d’un, y compris parmi une partie de la presse fort canard3.jpgcomplaisante pour le(s) pouvoir(s) en place.
Plutôt généralement situé à gauche, il est le premier à applaudir quand la gauche arrive au pouvoir (Cartel des gauches en 1924, Front populaire en 1936, Pierre Mendès France, François Mitterrand en 1981) mais il reste vigilant et ne change pas sa ligne de conduite, ce que lui est  reproché à l'époque par les gens proches de la gauche.
canard-2.jpgLes scandales dévoilés par le journal sont nombreux. Parmi lesquels Affaire Stavisky (1934) et l’une de ses plus célèbre une : "Stavisky s'est suicidé d'une balle qui lui a été tirée à bout portant"), les diamants de Giscard, l’affaire Maurice Papon, les feuilles d'impôt de Chaban-Delmas, de Jacques Calvet (PDG de Peugeot), l’affaire des conditions d'achat par Nicolas Sarkozy d'un appartement à Neuilly (2007), le vrai-faux rapport de Xavière Tiberi, le scandale des HLM et des fraudes électorales de Paris, l’Affaire du sang contaminé, le Carrefour du développement, les avions renifleurs, l’affaire des micros dissimulés dans les bureaux du journal( le watergaffe) etc. etc.
Un autofinancement complet et  une absence totale de recettes liées à la publicité lui assurent sa totale canard1.jpgliberté de ton comme son indépendance vis-à-vis des pressions des pouvoirs politiques ou économiques. Ses journalistes sont parmi les mieux payés de la profession. Ils ont canard.jpgl’interdiction de faire des piges, de recevoir des cadeaux ou de jouer en bourse.
Le tirage hebdomadaire du Canard se situe aux alentours de 500.000 exemplaires,chiffre qui peut tripler pour certaines affaires.
Une vraie saine lecture hebdomadaire que je me permets de vous recommander chaudement. Le seul canard à ne pas faire de couacs.
 
 canard1.jpg
 
 
 
Quelques  canard-2.jpgCitations à propos du journal 
« Je ne lis que le Canard enchaîné. » Anatole France, 1917.
« Que dit le volatile ? » Charles de Gaulle
« ... Notre seul journal sérieux : Le Canard enchaîné ». Jean Guéhenno
 « Le premier canard qui a parlé de moi, c'est le Canard enchaîné. C'était un papier de Boris Vian. » Serge Gainsbourg
« Pour les Français, la guerre sera finie quand ils pourront lire Le Canard enchaîné. » L’armée des ombres de Joseph Kessel.
                                                                                                                           
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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 20:19

Aujourd'hui en plein coeur de l'été, nous allons parler de l’invention de ce petit morceau de caoutchouc magique indispensable en cette saison et  qui comble de bonheur les nombreux amateurs du monde entier d’un rustines4 loisir à portée de toutes les bourses !

Je vous vois venir, bande de petits sacripants avec vos sourires goguenards et vos sous-entendus vicelards d'adolescents attardés. Sachez que le propriétaire de ce blog ne badine pas avec les règles élémentaires de la vertu. le sujet du jour se nomme la rustine et peu m'importe l'usage détourné que vous jugerez bon d'en faire.

Rétrospective:

Le début du vingtième siècle voit l’essor de l’automobile  un bien de consommation rustine5 au dessus de bien des budgets, contrairement à la petite reine qui a rapidement trouvé de nombreux adhérents.

A cette époque, le vélo a déjà séduit de nombreux adeptes. L'inconfort des débuts quand le cadre et les roues étaient en bois et que la bande de roulement en fer permettaient aux britanniques de surnommer l'engin, boneshaker(secoueur d'os), s'est trouvé résolu par l'invention des pneumatiques en caoutchouc.Vers 1885 le français Pierre Michaux dote l'engin d'un pédalier placé tel que nous le connaissons encore actuellement. C'est le déclic et le début d'un engouement qui ne se démentira pus.

Au début du 20è siècle, avec le succès des débuts du tour de France et la dotation des facteurs de campagne pour leurs tournées,  les amateurs de vélo se multiplient et sont alors plus d’un million en France.

Le mauvais état des routes à cette époque rend la pratique cycliste sujette à de nombreuses crevaisons et les moyens de réparations existants sont assez aléatoires. rustines

rustine Louis Rustin (1880-1954), outre sa passion pour les courses de vélo, a ouvert à Paris en 1903 un atelier de rechapage de pneus automobiles. Il cherche un moyen de dépanner promptement son vélo lors des épreuves auxquelles il participe. Il a déjà mis au point un dispositif en 1908, une bande de cuir à coller à l’intérieur des rustines6 boyaux mais il cherche un moyen simple, fiable et rapide pour tous .

La première guerre mondiale va interrompre pour un long moment ses recherches. Mais en 1921, sa technique lui semble enfin au point et il dépose le brevet de son invention tout bonnement appelée la Rustine : une petite rondelle rustines5 de caoutchouc adhésive destinée à reboucher les crevaisons. Un accessoire qui va illico devenir indispensable à tout amateur de bicyclettes. rustines2 rusti

10 ans plus tard, la société de Louis Rustin fabrique près de 30 millions de rustines par mois avec un slogan immuable « Unis pour la vie ».

De nos jours, chacun a tendance à utiliser une bombe anti-crevaison et à changer directement la chambre à air entière plutôt que réparer, mais prévoir un paquet de rustines pour les sorties longues s'avère encore bien utile. rustines3

Voici en tout cas un article de circonstances pour les représentants de nos gouvernements successifs qui aimeraient bien avoir à leur disposition de quoi colmater les  fuites volontaires ou non qui perturbent la quiétude de leur train-train quotidien.

Car c'est quand même un monde d'avoir une majorité des titres de presse écrite, de médias audiovisuels réunis dans des mains souvent familières, de placer ses amis, de coopter les amis de ses amis à tous les postes clefs etc...etc..., et de ne pas pouvoir compter sur la discrétion de journalistes indélicats pour mener ses petites affaires tranquillement.

Ici, nous parlons des vrais scandales politico-financiers, de tous les margoulins de la république,qui confondent service public et public à mon service, et non pas de quelques intrigues amoureuses montées en épingle par une certaine "presse"; des pourrismatchs, voilou, voilà, goulou et cie pour l'écrit par exemple et beauf FM pour la télé, des feuilles trop puantes même pas ramasser les déjections de mon chien. Ces torchons prêts à toutes les bassesses pour satisfaire et assouvir les instincts les plus vils des frustré(e)s qui composent leur lectorat. 

Pfou, j'ai soudain un coup de pompe après cette longue échappée en solitaire dans le col du rayon beaufidude, je vais remiser mon biclou pour quelques heures. C'est fou ce que ça fatigue de se défouler  sur le gros du peloton de la connerie humaine. et là, au sprint massif, ils sont légion à pouvoir prétendre à la victoire finale sans user de substances illicites.7

sur ce faites l'amour, pas la guerre :))

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 17:36

Tragédie familiale en réalité à peine augmentée:

Mon père, ancien matelot au teint buriné par les éléments et les divers breuvages appréciés des hommes d’équipage, semblait insubmersible pour quiconque l’avait côtoyé sur une quelconque embarcation. Un solide gaillard toujours sur le pont qui avait pourtant subi nombre d'avanies, de tempêtes et d'échouages au cours d’une vie s'apparentant à un chavirage permanent.

Lassé des ravageuses intempéries de son destin et des ouragans matrimoniaux, il décida un matin où ma mère, déversant des océans de haine était particulièrement déchaînée, de mettre fin au naufrage. Il largua définitivement les amarres en hissant la grand-voile pour tenter d’accoster sur des rivages célestes plus cléments, sans faire trop de vagues. 

Il voulut tout de même déserter le plancher des vaches en beauté sur quelques derniers traits de cet humour noir qu’il affectionnait par-dessus tout. Il mit en scène sa dernière dérive. On le retrouva pendu à un noyer au bout d’un raban solidement ancré autour de son cou, une bouée en mousse négligemment jetée autour des hanches sur laquelle il avait inscrit à l’intention de son encore jeune mais déjà singulier fiston une sorte d'épitaphe en forme de clin d'œil :

 ‘ Holà, Moussaillon: trop de roulis pour moi sur cette foutue terre ferme, je baisse pavillon.

Signé : ‘le mâle de mère’

Sur le sol, crépitait dans le radiocassette sciemment déposé sur des coques de noix, la voix d’Hugues Auffray qui continuait de s’époumoner sans fin sur son titre phare: hissez haut, Santiano.

La note me paraissait particulièrement salée tout de même. Les derniers espoirs d'une famille heureuse et unie partaient à vau l'eau.

Même si mon meilleur ami, submergé dans un océan de détresse, pestait de me voir appareiller vers de nouveaux horizons sans lui, je répondis à l'appel d'une sirène puis quittai peu de temps après le navire familial et ses eaux troubles.

A peine déboussolée par ces diverses mutineries, incidents qualifiés de mineurs, notre mère garda son cap, maintint son allure et épousa en seconde noce, un dénommé Horn, agriculteur éleveur de porcs près du village de Poisson, petite commune de Saône et Loire. Lui au moins saurait garder les pieds sur terre.

©pol 12/2015

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 13:26
Le 20 juin 1894, Alexandre Yersin, un jeune médecin issu de l'institut Pasteur, isole le bacille de la peste à Hong Kong.
yersin.jpgAlexandre Yersin est né à Aubonne en suisse près de Lausanne le 22 septembre 1863. Après un détour par l’Allemagne, Il vient poursuivre ses études de médecine à Paris  à l’Hôtel-Dieu. C’est là qu’il va faire la rencontre la plus importante de sa vie en la personne d’Emile Roux qui va l’intégrer à l’équipe de l’institut Pasteur. Là, il participe à la vaccination contre la rage et va isoler avec Emile Roux la toxine diphtérique. Il obtient son doctorat en 1888. En 1889, il acquiert la nationalité française et devient préparateur pour les cours de microbiologie.
C’est en 1890 qu’il fait son premier séjour dans les colonies françaises d’Indochine, il va pendant plusieurs mois explorer et cartographier toute cette partie du monde. Mais en 1894, une épidémie de peste fait de monstrueux ravages en chine. En moins de trois semaines, sans pratiquement aucun moyen, il réussit l’exploit d’isoler le germe responsable de ce fléau multi séculaire. On donnera son à nom à ce microbe excessivement résistant transmis à l’homme par les puces (Yersinia pestis) le bacille de Yersin.
L’année suivante, de retour à Paris, il va mettre au point avec Emile Roux et le docteur Calmette un sérum contre la peste.
Totalement désintéressé, très attaché à cette région du monde et grand défenseur des populations locales, il refuse les honneurs et s’installe avec son épouse annamite dans un petit village. Il va contribuer activement au développement des instituts Pasteur, et à l’établissement de sanatoriums dans cette partie de l’Asie.
En 1943, pendant l’occupation japonaise, Alexandre Yersin meurt à 79 ans.
Depuis, au  Vietnam, il reste fêté comme un véritable héros où son nom a été donné à de nombreux établissements scolaires. La Suisse et la France semblent l’avoir quelque peu oublié.
Un petit extrait d’une lettre écrite en 1890 pour situer le personnage :
Demander de l'argent pour soigner un malade, c'est un peu lui dire la bourse ou la vie!
yersin1.jpg

un roman lui est consacré : Peste et choléra : Patrick Deville 2012. prix fémina

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