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Publié par pol

En mai 2018, la commémoration du cinquantième anniversaire de ce joli mois de mai 68 sera à n’en pas douter l’occasion d’entendre les uns et les autres disserter sur le sujet à l’envi durant de longues semaines. En boucle jusqu’à la nausée.

Chacun aura à cœur de refaire l’histoire à son image pour se donner le beau rôle et prouver par ses péroraisons la justesse de ses propos. Les partisans des partis réactionnaires de tous bords, dignes héritiers des Papon, Marcellin, Pasqua, Sarkozy et Cie  nous serviront leurs habituelles assertions oiseuses, martelées sans fin depuis 5 décennies sur les méfaits passés, actuels, futurs de ce printemps 68. Dans le camp d'en face, nous aurons droit aux discours et envolées de ceux qui semblent vouloir à tout prix faire oublier qu’ils ont souvent pris le train de la révolte en marche, sans vraiment parvenir à y accrocher leurs wagons, pressés qu’ils étaient de remplacer le chef de gare, mais apeurés de ne pas raisonnablement pouvoir contrôler cette jeunesse.

Au-delà des clichés et des clivages, de quelques figures emblématiques qui trustent le devant de la scène, il reste de cette embellie de 68 pour les générations postérieures aux événements comme pour de nombreux participants la portée symbolique de ce mois de mai : celle d’une formidable et soudaine explosion de liberté et de libertés au cœur d’une société française trop cadenassée, fermée, ficelée, repliée sur elle-même, sclérosée par un pouvoir alors confisqué, autoritaire et centralisé depuis 10 ans.

Un mouvement qui a fait naître des espérances inouïes, a brisé quelques barrières sociales et fait se rencontrer durant quelques jours, quelques semaines, des mondes qui jusqu’alors cohabitaient sans se voir, se connaître, se parler : ouvriers, étudiants, bureaucrates, etc.

Puis le réveil prématuré et déprimant vint pour beaucoup à la fin de ce joli mois de mai 68. Le grand Charles avait sonné la fin de la récré. Chacun retournant vaquer, bon gré, mal gré, à ses occupations. Les ouvriers reprenaient le chemin de l’usine pendant que les bourgeois altruistes refaisaient faire en sens inverse le trajet à leur argent exilé en Suisse au cas où. La messe était dite, un rêve était passé.

Les bons franchouillards dociles et grégaires, apeurés des messages du gouvernement diffusés en boucle par des médias aux ordres vont aller par millions remettre en selle le régime ultra conservateur en place depuis la prise du pouvoir de 1958.

 Rien n’a réellement changé depuis lors concernant les médias. La télé en particulier, fait l’opinion de la masse moutonnière et défait toujours les princes quel qu’ils soient

Mai 68 a au moins eu le mérite d’essaimer toutes les couches de la société et de montrer un certain esprit rebelle dans la conscience collective. Même si les leaders de la révolte, majoritairement issus des catégories privilégiées se sont vite empressés de reprendre le droit chemin tracé par leurs parents. On a pu se rendre compte lors de l’élection de Sarkozy, qui n’a eu de cesse de s’en prendre à l’esprit de mai 68 durant son piètre septennat, de la densité idéologique et sociale que ce mois de rébellion véhiculait toujours dans notre pays malgré tout.

 

Pour se remettre dans l’ambiance, je vous présente ci-dessous des slogans, affiches et photos de l’époque.

Il est interdit d'interdire.

Prenez vos désirs pour des réalités.

Je décrète l’état de bonheur permanent.

Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !

Dessous les pavés, c’est la plage !

Soyez réalistes, demandez l’impossible !

Travailleurs de tous les pays, amusez-vous !

Travailleur : tu as 25 ans, mais ton syndicat est de l’autre siècle.

Désirer la réalité, c’est bien ! Réaliser ses désirs, c’est mieux !

La chienlit, c’est lui ! L’anarchie, c’est je !

Je suis marxiste tendance Groucho.

Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.

Nous refusons d’être H.L.M.isés, diplômés, recensés, endoctrinés, sarcellisés, sermonnés, matraqués, télémanipulés, gazés, fichés.

Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs.

L'imagination prend le pouvoir.

Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette.

Ne vous emmerdez plus ! Emmerdez les autres !

J’ai quelque chose à dire, mais je ne sais pas quoi.

J’emmerde la société et elle me le rend bien !

Ne prenez plus l’ascenseur ! Prenez le pouvoir !

Le respect se perd, n’allez pas le chercher !

Le pouvoir est au bout du fusil. (Est-ce que le fusil est au bout du pouvoir ?)

L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste.

Métro, boulot, dodo.

Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui.

Nous voulons vivre.

Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.

Etc.

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Commenter cet article

Mimi 12/01/2018 15:06

Beaucoup de rêves sont restés en l’état... Mais qui sait 2018 sera peut-être une année bouillonnante. En tout cas, je te la souhaite excellente et pleine de surprises.